DIOCESE ST BRIEUC

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Editorial

 

 

SOUFFRIE ET APAISER

Notre vie porte en elle une capacité à souffrir qui définit notre condition humaine. Non seulement nous sommes mortels, mais nous sommes fragiles. Faire l’inventaire des causes de ces souffrances serait dresser une carte impossible de notre humanité… Alors pourquoi ne pas plutôt interroger notre réponse à cette question du mal. Nous portons en effet en nous, une capacité à soulager qui devrait définir notre relation au Christ.

Nous sommes souvent démunis face à celui ou celle qui souffre. Quand, par routine, nous demandons à quelqu’un : « ça va ? » nous sommes assez désorientés si l’autre nous répond qu’il ne va pas bien !

Pourtant, autour de nous, les raisons de souffrir sont nombreuses. Chacun peut trouver des motifs de souffrance, soit physiques du fait de la naissance, de l’âge, de la santé, soit psychologiques, et celles-ci sont souvent encore plus difficiles peut-être à percevoir, donc à reconnaître, par conséquent à accompagner. La solitude et l’absence (ou la perte) d’amour sont des causes de souffrances qui se multiplient aussi.

En fait, la souffrance des autres résonne en nous-même car elle fait écho à notre propre fragilité. Ainsi, compatir (prendre part aux maux d’autrui) nous est plus naturel que nous le laissons souvent paraître. Pour notre confort, nous dressons une forme de carapace, qui nous préserve de la « contagion » de la souffrance de l’autre… Quand Sartre dit que « l’enfer c’est les autres », cela pourrait aussi se traduire par : la faiblesse des autres me renvoie la mienne .

Précisément, le Christ vient dire autre chose. Claudel affirme que « Le Christ n’est pas venu supprimer la souffrance, mais la remplir de sa présence ». Ainsi notre foi au Christ ne justifie pas la souffrance, ne l’explique pas. Dans ce sens, les chrétiens tentés par cette apologie de la souffrance détournent le message chrétien.

C’est plutôt le message du Christ marchant vers Emmaüs qu’il faut retenir. Cet « inconnu » écoute longuement ceux qui sont dans la peine. Avant même de leur donner une quelconque réponse, il se tait, les écoute. Il privilégie le silence aux mots, pour mieux entendre les maux. Cette attitude de Jésus est une invitation pour nous.

Il nous dit que notre place devrait être auprès de ceux qui en ont besoin. Les missionnaires auprès des lépreux, les aumôniers dans les hôpitaux, sur les lieux conflictuels du monde, en sont l’incarnation. Mais modestement, chacun de nous a cette vocation de compassion.

Parce que le Christ est aussi écoutant, il nous faut savoir « taire notre souffrance pour écouter celle des autres ». C’est seulement ainsi que notre écoute sera authentique.

Alors que nous sommes souvent tentés de rapporter à notre propre expérience ce que nous entendons.

Mais le Christ s’associe aussi à notre chemin, sans se détourner. Il marche avec nous. Il pleurera sur la mort de son ami. Nous n’avons donc pas à craindre les larmes. « Nos larmes disent vrai. Elles parlent quand les prières se taisent. Elles sont elles-mêmes prières. Ce sont des larmes silencieuses que Dieu entend... » (Père Nicolas Buttet).

Quand nous allons voir nos frères, rappelons-nous que ce n’est pas la durée qui compte, au contraire, nos visites doivent être courtes, fidèles, régulières plutôt que générer le soulagement quand nous partons.

Face au mal, nous puiserons dans la force du Christ l’énergie qui fait le bien. La prière, l’Eucharistie, mais aussi la force reçue par tous nos frères souffrants et aidants de par le monde, nous portent vers l’autre.

Alors, c’est bien la Paix que nous apporterons. Apaiser, c’est aussi se mettre en situation intérieure de Paix.

Quand nous avons donné aux autres, alors il est temps de prendre soin de nous-mêmes… Parce que celui qui ne s’aime pas lui-même, ne peut aimer les autres en vérité.

 

Bruno Le Guerroué, diacre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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